Santé Témoignage

Portrait : Rencontre avec Céline Lamy-Zaluski, Médecin du travail

Mis à jour le 14/12/2022
Notre série de portraits pour les 30 ans du FASTT continue, à la rencontre de ceux qui sont au service des salariés intérimaires. Et parce que l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » dit vrai, nous sommes allés à la rencontre du Docteur Lamy-Zaluski, pour en savoir plus sur son métier.

 

Médecin du Travail depuis 8 ans chez PRESOA, un service de prévention et de santé au travail, le Docteur Céline Lamy-Zaluski est coordinateur depuis le mois de janvier 2022. PRESOA conseille et suit près de 150 000 salariés sur les départements de l’Oise (60) et de l’Aisne (02), dont les salariés intérimaires. Le Docteur Lamy-Zaluski nous parle de l’importance de réaffirmer que les salariés intérimaires doivent avoir un suivi médical équivalent aux autres salariés. Rencontre.

 

UN RÔLE ESSENTIEL, AU SERVICE SALARIÉS

Au quotidien, en tant que médecin du travail, le Dr Lamy-Zaluski a pour mission de conseiller les employeurs sur les questions de sécurité au travail et d’assurer le suivi individuel des salariés.

 

« La plupart des intérimaires que je vois travaillent dans le secteur industriel et nous portons un regard tout particulier sur eux. Ils occupent souvent des postes à risque. Il est important qu’ils aient le même suivi que les salariés qui sont en CDI dans l’entreprise, ce qui a été réaffirmé dans les textes de loi. » nous précise le Dr Lamy-Zaluski.

 

Depuis 2017, le suivi médical des salariés est organisé selon leur situation personnelle ou selon les expositions auxquelles ils sont confrontés. On distingue plusieurs catégories de suivi individuel :

  • Le suivi individuel simple avec les visites d’information et de prévention.
  • Le suivi individuel adapté, où l’on retrouve les personnes en situation de handicap, les femmes enceintes, les travailleurs de nuit…
  • Le suivi individuel renforcé, qui concerne les situations d’exposition particulière qui présentent des risques pour la sécurité et la santé du travailleur. Il s’agit par exemple des postes présentant un risque de chute de hauteur, ou encore ceux exposés à des agents toxiques.

« Beaucoup d’intérimaires se retrouvent dans la catégorie de suivi individuel renforcé du fait de leur exposition. Ils doivent alors passer un examen médical d'aptitude. » explique le Dr Lamy-Zaluski. Lors de cet examen, le médecin s’assure que le salarié est médicalement apte au poste de travail, et l’informe sur les risques des expositions et les moyens de prévention.

 

Pour en savoir plus sur la Visite d’Information et de Prévention et le suivi individuel renforcé :

 

LES ÉQUIPEMENTS DE PROTECTION INDIVIDUELLE (EPI), UN ENJEU MAJEUR

Le Dr Lamy-Zaluski insiste sur le fait que les intérimaires doivent accéder aux mêmes équipements de protection les autres autres salariés de l’entreprise. « Bien que les EPI basiques, casques et chaussures, peuvent être fournis par l’agence de travail temporaire (selon l’accord passé entre l’agence et l’entreprise utilisatrice), les entreprises utilisatrices doivent obligatoirement fournir les EPI spécifiques, c'est à dire bons EPI adaptés au poste de travail et en fonction des expositions. »

 

Le rôle du Dr Lamy-Zaluski est de rappeler aux entreprises utilisatrices les obligations auxquelles elles sont soumises, afin de diminuer les risques professionnels et d’améliorer les conditions de travail.

 

LES SALARIÉS INTÉRIMAIRES, ACTEURS DE LEUR SÉCURITÉ

« Lorsque je rencontre les salariés, je ne cesse de leur répéter qu’ils doivent être acteurs de leur sécurité. C’est aussi à eux de réclamer leur EPI ou de dire qu’ils ne sont pas en capacité d’effectuer une tâche, s’ils constatent qu’il y a un manquement. ».

 

« Les choses sont en train de changer, et aujourd’hui les intérimaires semblent davantage sensibles à leur sécurité et leur santé. Certains sont attentifs à ce que les conditions du poste ne les mettent pas en péril. » nous confie le Dr Lamy-Zaluski. Elle ajoute qu’« Aujourd’hui, il y a une prise de conscience qui n’existait pas avant. ».

 

« La prévention et la formation sont des enjeux majeurs pour limiter les risques au travail. » nous rappelle le Dr Lamy-Zaluski.

 

Merci à elle d’avoir répondu à nos questions !

 

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